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Muret pierre sèche : monter le mur sans mortier
Monter un muret pierre sèche demande des pierres bien triées, une fondation stable et un fruit correct.
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Le point en bref
Un muret pierre sèche se monte sans mortier, en empilant des pierres triées par assises horizontales. On commence par une fondation stable, plus large que le mur, puis on pose les assises en croisant les joints et en inclinant légèrement les parements vers l’intérieur, ce qui forme le fruit. Le couronnement termine l’ouvrage.
Muret pierre sèche : le principe avant de monter
Un muret pierre sèche est un mur monté à sec, c’est-à-dire sans aucun mortier à liant. La maçonnerie à pierres sèches consiste à assembler des moellons, des plaquettes ou des blocs bruts ou ébauchés, pour monter un mur de soutènement ou d’enclos. Cette technique se pratique depuis longtemps dans les campagnes, où l’on récupère les pierres des champs.
L’art de la construction en pierre sèche est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Il repose sur une compréhension de la géométrie et de la physique, et sur une sélection minutieuse des pierres pour assurer la stabilité de l’ouvrage dans la durée et son adaptation au terrain et au climat.
Choisir et trier les pierres du muret pierre sèche
Avant de monter le muret, il faut disposer de pierres en quantité et en qualité suffisantes. Si elles ne sont pas disponibles sur place, on peut se renseigner auprès d’un agriculteur ou d’une entreprise locale de travaux publics, qui connaissent les lieux où l’on trouve des pierres ramenées à la surface par les labours ou des affleurements rocheux.
Les pierres d’ouvrages existants relèvent d’une restauration. Avant de les prélever, vérifiez auprès de votre mairie les règles qui s’appliquent sur votre commune. Trier les pierres par taille et par forme facilite ensuite chaque étape : les plus grosses servent à la fondation, les plaquettes plates à la finition, et les pierres traversières relient les deux parements.
Préparer la fondation du muret
La première étape consiste à préparer la base du mur, appelée semelle. On creuse superficiellement pour trouver un sol stable. Sur le rocher, ce décaissement n’est pas nécessaire.
La semelle est plus large que le mur qu’elle doit recevoir. Elle est constituée des plus grosses pierres disponibles, posées selon un alignement tendu à l’aide d’un cordeau. Ces blocs doivent être calés avec soin pour ne pas pivoter sous le poids de la maçonnerie supérieure. Les espaces restants se comblent avec des pierres stables.
Monter les assises et le fruit
Une fois la base solide, on pose des rangées horizontales de pierres, les assises, sur toute la largeur de la zone. Il faut garder une bonne régularité dans l’épaisseur des matériaux et placer la plus grande dimension de chaque pierre dans l’épaisseur du mur.
Pour ne pas fragiliser l’ouvrage, les joints doivent être croisés d’une assise à l’autre. On évite ainsi le coup de sabre, qui est la superposition de plusieurs joints, et la pile d’assiettes, qui est leur superposition systématique. Chaque pierre se pose sur sa face la plus plate, puis se cale avec des éléments non friables.
Le fruit est l’inclinaison des parements. Les deux faces convergent vers l’intérieur du mur, en réduisant petit à petit l’espace entre elles. En aucun cas on n’incline les pierres vers l’extérieur. La masse du mur assure en grande partie sa stabilité.
Les boutisses et les panneresses
La boutisse est une pierre qui traverse le mur de part en part et relie les deux parements. La panneresse est posée avec son plus long côté en façade. Il faut incorporer régulièrement des boutisses dans l’élévation pour lier l’ensemble. Une grande dalle d’un seul tenant, à la base, se nomme une libe.
Finir le muret : arase, couronnement et tête de mur
Si le fruit a été bien calculé, la largeur du dernier rang, ou arase, correspond à celle des pierres du couronnement. Le couronnement peut être constitué de pierres dressées, ou de grandes dalles horizontales d’une largeur égale ou supérieure à celle du mur. Il est indispensable à la bonne tenue et à la longévité du muret.
La tête du mur peut recevoir une pierre de jambage, dont les dimensions correspondent à la hauteur et à l’épaisseur, surtout si elle doit supporter un portail. On peut aussi superposer des pierres anguleuses en alternant boutisses et panneresses. Pour un mur qui aurait déjà subi des dégâts, on vérifie d’abord la stabilité de chaque pierre avant de reprendre la maçonnerie.
Cas particuliers : effondrement d’un muret de soutènement
En cas d’effondrement partiel, on déblaie en forme de « v » jusqu’aux parties saines, puis on restaure en suivant le profil du fruit existant. Pour un mur de soutènement, destiné à résister à la poussée des terres, on n’applique pas de fruit au parement contre le talus. Le muret pierre sèche de soutènement demande un drainage soigné. On laisse un espace entre le mur et le talus, rempli progressivement de pierraille qui fait office de drain.
Un mur de soutènement peut relever de règles d’urbanisme : vérifiez-les auprès de votre mairie avant de commencer. Les questions d’humidité et de drainage sont proches de celles d’un démoussage façade maison, car l’eau qui stagne abîme les pierres et les joints. Pour les éléments en bois qui accompagnent le muret, un bois brûlé à l’extérieur ou un traitement bois extérieur peut aussi entrer en jeu.
Rôle du muret pierre sèche dans le paysage et la biodiversité
Le muret assure aussi une fonction écologique. Un muret de pierres sèches offre un habitat à la petite faune, aux insectes, aux lézards et à certaines plantes spécialisées. Il participe ainsi à la richesse des écosystèmes locaux, tout en s’intégrant dans les paysages ruraux.
Vocabulaire du muret
Le parement désigne chacune des deux faces visibles du mur. Le blocage désigne le remplissage entre les deux parements. Ces termes servent à lire les descriptions techniques et à comprendre comment le mur tient.