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Bois brûlé : technique japonaise à connaître expliquée expliquée

Le bois brûlé, ou yakisugi, protège la surface du bois par carbonisation. Voici son origine, son procédé et ses limites.

Mis à jour le 4 min de lecture

Planches de bois brûlé en bardage extérieur, surface noire veinée
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Le point en bref

Le bois brûlé est une technique de protection du bois originaire du Japon, appelée yakisugi ou shou sugi ban. On brûle la surface d’une planche pour la carboniser, ce qui la rend plus résistante au feu, aux insectes et aux champignons. Le cœur du bois reste massif et conserve sa capacité structurelle.

Origine et technique japonaises du bois brûlé

Le bois brûlé, appelé yakisugi au Japon et shou sugi ban en Occident, est une technique traditionnelle de protection du bois, qui protège la surface des planches contre le feu, les insectes et l’humidité. Elle consiste à brûler la surface d’une planche pour la carboniser. Le matériau obtenu est réputé plus résistant au feu, aux insectes et aux champignons.

Le yakisugi signifie littéralement « cèdre brûlé ». Il s’est développé à partir du XVIIIe siècle, à une époque de paix et de commerce intérieur. Les façades en yakisugi restent très présentes dans les îles de la mer intérieure de Seto, comme Naoshima, et on en trouve sur des maisons traditionnelles de Kyoto ou de Nara.

Aujourd’hui, des architectes comme Terunobu Fujimori utilisent cette technique dans leurs réalisations. Pour un bardage, le bois brûlé offre un rendu noir, gris ou veiné selon l’intensité du brûlage.

Le procédé de carbonisation du bois

Le bois utilisé à l’origine est le sugi, appelé cèdre du Japon. Son nom scientifique, Cryptomeria japonica, désigne en réalité un cyprès. Le bois doit être sec et débité en longues planches. Idéalement, le brûlage se fait du côté de la planche qui était tourné vers l’extérieur du tronc.

  • Trois planches sont liées entre elles, avec une cale dans chaque angle, pour former une cheminée.
  • La cheminée est posée sur un foyer, et une boule de papier journal est allumée à sa base.
  • Une fumée blanche apparaît si le bois n’est pas totalement sec : c’est l’eau qui s’évapore.
  • Le brûlage commence réellement lorsqu’une fumée noire apparaît. La cheminée est retournée pour un brûlage homogène.
  • Les planches encore en feu sont plongées dans l’eau pour stopper la combustion, puis séchées.

Après le brûlage, la finition suit quatre étapes : brûlage, brossage, lavage et protection par une huile. Pour un bardage extérieur, un traitement du bois bien choisi prolonge la durée de vie de la pose, comme pour tout traitement bois extérieur.

Les couches du bois brûlé

Le brûlage donne au bois une structure hétérogène. On distingue quatre couches, de l’extérieur vers l’intérieur : le charbon de bois, le goudron, le bois pyrolysé, puis le bois massif, non atteint par la chaleur.

Cette méthode se distingue de la torréfaction ou de la rétification. Ces traitements dégradent la structure ligneuse et rendent le bois impropre à un usage de structure. Le bois brûlé ne subit la combustion qu’en surface, le reste de la planche conserve sa capacité structurelle.

Résistance au feu, aux insectes et à l’humidité

La surface carbonisée a une conductivité thermique de 0,055 W/mK, contre 0,36 W/mK pour le bois massif. Elle est donc beaucoup plus lente à prendre feu. La carbonisation protège contre l’humidité, les insectes, les champignons et les moisissures.

Il faut toutefois nuancer. Certaines études montrent que la carbonisation de surface seule n’améliore pas nettement la durabilité ni la résistance au feu ou à l’eau. Le résultat dépend de la qualité du brûlage et de l’entretien.

Essences, mise en œuvre et entretien

Le sugi est difficile à trouver en France. Les projets français utilisent souvent des essences locales qui réagissent bien à la carbonisation. Pour la mise en œuvre, le bois brûlé se pose comme un bardage extérieur ou sert à des habillages intérieurs et du mobilier.

Il arrive aussi qu’il soit seulement flambé en surface pour faire ressortir son veinage, sans brûlage en profondeur. Dans les régions à façades bois comme la Bretagne ou la Savoie, les projets s’intègrent plus facilement au bâti existant. Une façade en bois doit aussi rester propre : un démoussage façade maison se pense avant la pose, et un muret pierre sèche peut encadrer un jardin en bois brûlé.

Sécurité du brûlage

Le brûlage des planches est une opération à risque d’incendie. Il se fait à l’extérieur, sur un foyer stable, avec de l’eau à portée de main pour éteindre les planches. Pour un geste qui dépasse le bricolage courant, il vaut mieux confier le brûlage à un professionnel qualifié.

Vos questions de chantier

Que signifie yakisugi ?
Yakisugi signifie littéralement « cèdre brûlé ». C’est le nom japonais de la technique de carbonisation du bois, également appelée shou sugi ban en Occident.
Le bois brûlé est-il plus résistant au feu ?
La surface carbonisée a une conductivité thermique de 0,055 W/mK, contre 0,36 W/mK pour le bois massif, donc elle prend feu plus lentement. Certaines études nuancent cet effet.
Quelle essence utiliser pour du bois brûlé ?
Le sugi d’origine est difficile à trouver en France. Les projets français utilisent souvent des essences locales qui réagissent bien à la carbonisation.

Sources du dossier

  1. Wikipédia, yakisugi
  2. Wikipedia (en), yakisugi